Aujourd’hui 21 Octobre 1998 : Le Président Abdou Diouf est officiellement reçu au Palais Bourbon

Le 21 octobre 1998, le Président Abdou Diouf, à l’Assemblée nationale française, est honoré par la France.

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Toute l’histoire racontée par nos confrères de Liberation.fr

Les dignitaires étaient sous les lambris, au Palais-Bourbon, les contestataires dehors, dans la rue. Hier, premier chef d’Etat de l’Afrique subsaharienne à recevoir cet honneur, le président sénégalais Abdou Diouf s’est adressé à l’Assemblée nationale française. A priori, rien de plus normal: des députés sénégalais ont siégé de 1914 à 1959 dans le travées du Parlement français, de Blaise Diagne au «poète-président» Léopold Senghor en passant par Lamine Gueye.

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Lié à la France par une histoire qui remonte aux quatre «communes» sur la côte occidentale de l’Afrique, le Sénégal a été le premier pays du continent à pratiquer le multipartisme, sans alternance certes, mais aussi sans président à vie. En 1981, Senghor a cédé sa place à Diouf, Premier ministre depuis dix ans. Or, c’est là où le bât blesse: le chef de l’Etat, qui a dit hier tout ce que l’on voulait entendre, à l’Elysée et à Matignon, sur les droits de l’homme, la francophonie, l’ajustement structurel, le maintien de la paix en Afrique, l’intégration régionale et la «nouvelle» politique française de coopération, est accusé chez lui de s’installer à demeure au pouvoir. Sa majorité a abrogé en mai la limitation constitutionnelle des mandats présidentiels, ouvrant la voie à une réélection en l’an 2000. Diouf sans fin?

Derrière le Palais-Bourbon, cantonnée dans un square, l’opposition sénégalaise a donné de la voix. «Nous prenons à témoin l’opinion française», a dit l’ex-ministre Amath Dansokho, entouré de vingt-sept parlementaires de l’opposition, ceints de leur écharpe. Plus tôt, Abdoualaye Wade avait déjà contesté à Diouf sa qualité de «démocrate», l’accusant de fraude électorale massive. L’ennui, c’est que Me Wade fait la navette entre le pouvoir et la rue, tribun à l’approche d’un scrutin, ministre au lendemain de sa défaite. «Le Sénégal lave son linge sale dans les eaux de la Seine», a relevé le journal dakarois Sud. A Paris comme à Dakar, l’opposant de toujours, Landing Savané, et l’ancien baron du régime entré en dissidence, Djibo Ka, soutiennent que la vie institutionnelle sénégalaise est en péril. Le 27 août, retournant contre le gouvernement le chantage au scandale financier qu’il voulait exercer sur l’opposition, Djibo Ka a provoqué la mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire sur «la gestion des biens et deniers publics». Si celle-ci travaille sérieusement, le pays le plus assisté d’Afrique traumatisera ses bailleurs de fonds » Devant tous les dignitaires de la République française, Abdou Diouf a lu hier un catalogue de vérités convenues et de bonnes intentions. Il a choisi de faire plaisir aux dirigeants français, ces derniers temps plutôt habitués aux mises en accusation en Afrique. La France sort-elle de son «pré carré» sur le continent? «Je ne nourris aucune crainte», explique Abdou Diouf, puisque la mondialisation ne fait pas disparaître «l’intimité» franco-sénégalaise. D’autant que la France, «multicolore» lors du Mondial, se trouve «au premier rang du combat que nous menons pour que le monde ne verse pas dans l’hégémonisme». Quant aux conflits armés en Guinée-Bissau et en Casamance, Abdou Diouf a défendu l’armée sénégalaise, accusée de violations des droits de l’homme. Hier, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) a demandé aux autorités de Dakar de «faire coïncider leurs actes sur le terrain avec les discours apaisants tenus dans les enceintes officielles».

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Stephen Smith

Liberation.fr

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Événements marquants du jour

21 Octobre 2013

Inhumation au cimetière musulman de Yoff de Bruno METSU, entraîneur des lions de la Téranga finalistes de la coupe d’Afrique des Nations à Bamako et quart de finalistes de la coupe du monde de football en Asie en 2002.

21 Octobre 2013

Décès à l’âge de 88 ans du Général Amadou Bélal LY, ancien Aide de camp du Président Léopold Sédar SENGHOR. Son inhumation a eu lieu le lendemain à Kébémer.

21 Octobre 1998

Le Président Abdou DIOUF est officiellement reçu au Palais Bourbon pour prononcer une allocution devant les députés français.

21 Octobre 1988

Inauguration du barrage anti-sel d’Affiniam, fruit de la coopération sino-sénégalaise.

21 Octobre 1945

Sénégal et Mauritanie se constituent en une seule circonscription pour désigner des députés à l’Assemblée constituante : Lamine GUEYE et Léopold Sédar SENGHIOR sont élus.

21 Octobre 1924

Création de la Circonscription de Dakar dotée d’un régime administratif spécial.

21 Octobre 1890

Les gendarmes indigènes deviennent des gardes régionaux répartis dans les cercles.

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